Première édition de la « Journée Economique ACC » Allocution de Madame Giovanie Biha, Secrétaire exécutive adjointe, UNECA

//Première édition de la « Journée Economique ACC » Allocution de Madame Giovanie Biha, Secrétaire exécutive adjointe, UNECA
Ms Giovani Biha, Deputy Executive Secretary for Knowledge Delivery, UNECA

Première édition de la « Journée Economique ACC »

Allocution de Madame Giovanie Biha,

Secrétaire exécutive adjointe, de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies 

Yaoundé, Cameroun, 20 novembre 2017, Hôtel Hilton

Monsieur le représentant du Ministre de l’économie, de la Planification et de     l’Aménagement du territoire ;

Monsieur le représentant du Ministre du Commerce,

Dear Entrepreneurs,

Distinguished guests,

Ladies and gentlemen,

It is a pleasure and a privilege to be invited to address such an important business audience on the occasion of the First edition of the “Economic Day” of the African Chamber of Trade and Commerce (ACC).

Your organization, Madam Chair, plays a significant role in enabling businesses, governments and other institutions supporting private sector development find common ground to address and facilitate sustainable production for Africa’s economic and social transformation.

It is a tribute to your energy and perspicacity that you have done so successfully in convening this first edition of the “Economic Day”.

The theme of today’s event: « Quality, Performance, Production and Competitiveness of Local Products and Services in the Agro-Industry and related manufacturing industries”, is not only relevant to the Economic Commission for Africa it is also timely for the continent.

Distingués invités,

Mesdames et messieurs,

Participants

Cette rencontre, est opportune pour la CEA et la sous-région de l’Afrique Centrale, dans la mesure où elle s’inscrit dans la continuité des débats du 33ème Comité Intergouvernemental d’Experts (CIE) qui s’est tenu à Douala au mois de septembre de cette année et auquel j’ai eu l’honneur de prendre part. Cette réunion du CIE qui était consacré au développement industriel en Afrique Centrale s’est conclue par la formulation d’un consensus appelé « Consensus de Douala ».

Le « Consensus de Douala » plaide pour le passage d’une économie d’extraction des ressources naturelles sans ou avec peu de valeur ajoutée vers une économie de création de richesses et d’emplois s’appuyant sur la transformation des produits de base et faisant notamment la promotion de l’agro-industrie.

Les pays de l’Afrique Centrale disposent d’importantes dotations en ressources naturelles qui constituent des bases solides pour la transformation structurelle de leurs économies. Outre les immenses ressources pétrolières et minérales, la sous-région abrite la deuxième plus importante réserve forestière au monde. Elle bénéficie d’un potentiel hydroélectrique représentant environ 17% du potentiel mondial et compte un vaste réseau hydrographique de 12.000 km de voies navigables. Enfin, les pays de la sous-région disposent de plus de 120 millions d’hectares de terres utiles à l’agriculture et à l’agro-industrie.

L’agro-industrie qui est un maillon essentiel dans les chaînes de valeur agroalimentaires offre de grandes possibilités d’industrialisation fondée sur les produits de base. Elle fournit des intrants au secteur agricole et relie ce dernier aux consommateurs à travers le traitement, la transformation, le transport, la commercialisation et la distribution d’aliments et autres produits agricoles. Il existe ainsi de grandes synergies entre l’agro-industrie et la performance de l’agriculture en tant que moteur de développement économique.

La compétitivité du secteur agroalimentaire d’Afrique centrale dépendra d’un environnement commercial propice qui favorise la production et la consommation locales et qui améliore la productivité des petites et moyennes entreprises locales (PME). Comme vous le savez mieux que nous, ces entreprises sont confrontées à de nombreux obstacles tels que les difficultés d’accès au crédit, y compris des taux d’intérêt prohibitifs, des procédures administratives lourdes ; l’accès à l’information et aux connaissances techniques, des politiques commerciales qui favorisent les importations par rapport aux produits locaux;  des barrières tarifaires et non tarifaires, en particulier pour le commerce inter-régional ; et une infrastructure et une logistique médiocres, qui contribuent à augmenter les coûts de production et ont un impact considérable sur la compétitivité de ces PME.  Nous devrions également noter que de nombreuses entreprises et start-up locales sont trop petites pour participer de manière significative à la création de valeur au niveau national et ou régional. Elles ne bénéficient pas de programmes de soutien à l’acquisition de technologies ou d’instruments de politique industrielle bien ciblés pour leur permettre de croître en taille et en compétence.  Si nous voulons saisir les opportunités offertes par un marché d’Afrique centrale de plus de 130 millions d’habitants et d’1,2 milliard de personnes sur le continent africain, qui sont des consommateurs potentiels, il est urgent de s’attaquer aux contraintes que je viens de mentionner.

Une stratégie volontariste de développement agro-industrielle impliquant une plus forte valeur ajoutée et une plus forte croissance de la productivité au sein de l’ensemble du système de chaîne de valeur représente l’une des meilleures opportunités pour les pays de l’Afrique centrale d’enregistrer une croissance économique plus inclusive, plus pérenne, créatrice d’emplois et de richesse. Nous pensons qu’un solide programme de développement et d’encadrement des producteurs et fournisseurs locaux et sous régionaux est une condition préalable à la croissance et la performance des entreprises agroalimentaires locales. Le programme de renforcement des capacités devrait permettre aux producteurs/fournisseurs d’améliorer la fiabilité, la qualité, l’adhésion aux normes sanitaires et réglementaires, la conservation et la livraison rapide de leurs produits.

Un effort similaire devrait être déployé pour rationaliser les procédures d’enregistrement des entreprises, simplifier l’administration fiscale.  La mise en œuvre rapide de la Zone de Libre-Echange Continentale (ZLEC) et du programme de l’Union africaine sur le renforcement du commerce intra-africain (BIAT) est une opportunité en or pour la croissance des entreprises agroalimentaires avec l’accès à un marché continental.

Nous nous félicitons des efforts déployés par le gouvernement camerounais pour faciliter la création de pépinières d’entreprises, de centres d’innovation et de parcs technologiques pour stimuler la productivité et la compétitivité des producteurs locaux de cacao, de café et d’autres produits. Certains pays qui ont réussi à développer les PME ont mis en place un Conseil national de la compétitivité et de la productivité pour stimuler ces deux domaines le secteur agroalimentaire et au-delà. Cette stratégie pourrait être considérée pour les pays de l’Afrique Centrale.

Ces efforts devraient être complétés par une analyse du marché du travail et une évaluation approfondie des capacités et des prévisions pour comprendre les besoins en compétences, les besoins en matière d’offre, les lacunes et les inadéquations tout au long de la chaîne de valeur des fournisseurs. Cette information devrait guider la formulation des politiques et stratégies nationales de développement des compétences. Le monde des affaires devrait activement participer à la conception et à la mise en œuvre de ces stratégies, en particulier celles qui visent à renforcer la main-d’œuvre grâce à une formation technique et professionnelle (EFTP).

Distinguished guests,

Ladies and gentlemen,

Central African Economic and Monetary Community member (CEMAC) States with a population of about 45 million spend more than 2 billion US dollars per year importing food items that could potentially be produced locally, that is to say by you Agro-preneurs  involved in food, crop and animal farming.

According to the African Development Bank, the African continent spends more than 35 billion US dollars per year in food items imports. By 2050, Africa will have about 2.5 billion people, representing a potential market of US$70 billion on today’s import figures. This strengthens significantly the business case of agribusiness in Central Africa.

As I have mentioned earlier, to harness these opportunities not only do we need to accelerate the pace of regional integration but we must also address urgently the major binding constraints that I have mentioned earlier.

In the context of the CFTA, it may be opportune to review existing policies aimed at creating Special Economic Zones which currently are focused on exports to introduce new policy and fiscal instruments to attract firms which target local consumption and the sub-regional and continental markets. This will also require a better look at agriculture, industrial and trade policies, which in most jurisdictions lack coherence and can have contradictory strategic objectives. Institutional coordination and structured dialogue among key Ministries and other government agencies, the private sector and academia are critical elements to ensure policy coordination, alignment of priorities, strategic planning and effective execution and implementation of strategies.

Distinguished guests,

I notice that we have common interests and areas of work such as specifically addressing the issues of land ownership and availability for businesses and the agroindustry, the migration of young people, the involvement of Africa’s diaspora to invest in the continent, applying the latest technologies to improve competitiveness and productivity and more importantly the implementation of the decisions of Heads of State and Government to support the growth of the private sector with specific and targeted projects.

As a matter of fact, ECA has hosted, this past week a conference on Land Policy in Africa with over 500 participants from 50 countries on those very issues. The discussions also covered topics such as the empowerment of youth through strengthening their land rights; women’s land access rights and gender equality; inclusive, transparent and sustainable land based investments, economic justice and environmental management; entrepreneurship and access to land for investment; rapid  urbanization, land use and spatial planning policy and development control.

Distingués invités,

Mesdames et messieurs les entrepreneurs,

Le « Consensus de Douala » dont je vous ai parlé est une réponse à la décision prise par le Sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEMAC du 23 décembre 2016 qui s’est tenue à Yaoundé de construire des économies plus fortes et plus diversifiées afin qu’elles soient plus résilientes aux chocs extérieurs.

Je me réjouis du fait que des plateformes issues du secteur privé telles que la vôtre peuvent être des contributeurs majeurs à l’opérationnalisation du «Consensus de Douala», dans la mesure où vous associez différentes parties prenantes d’horizon divers afin qu’elles échangent, réfléchissent et apportent des réponses concrètes pour le développement d’une agro-industrie dynamique.

Encore une fois, je vous remercie d’avoir associé la Commission économique pour l’Afrique à cette première édition de la « Journée Economique ACC » et notre organisation est disposée à apporter son expertise pour assurer son succès.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

Discours_DES_Journee Economique _UNECA

 

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